LES FAITS

L'escalade sur Bigo Live

L'origine du drame qui s'est noué en avril 2021 trouve sa source sur les réseaux sociaux, et plus particulièrement sur l'application de diffusion en direct Bigo Live. Keneff Leauva et Mamadi Touré (connu sous le pseudonyme de Moussa VR6) s'y affrontaient régulièrement dans des « clashs » virtuels d'une rare violence verbale.

Sur cette plateforme où l'outrance attire les audiences, les provocations se sont multipliées, créant un climat de cyberharcèlement réciproque intense. Ce qui n'était au départ qu'une rivalité numérique a progressivement gangrené la vie réelle, illustrant de manière dramatique les dérives d'une toxicité en ligne laissée sans régulation.

La tragédie d'Avril 2021

La ligne rouge a été franchie lorsqu'en avril 2021, la provocation a quitté l'espace numérique pour faire irruption dans l'intimité familiale. Mamadi Touré s'est présenté physiquement à Pantin, au domicile de l'actrice Firmine Richard, où résidait son fils Keneff Leauva.

Cette intrusion a immédiatement provoqué une violente altercation. Dans le tumulte de cette confrontation à domicile, Keneff Leauva a porté un coup de couteau qui s'est avéré mortel pour la victime. Ce geste, dont il porte la responsabilité, s'inscrit néanmoins dans une spirale de harcèlement et une situation de menace immédiate à son domicile, des éléments cruciaux pour la compréhension du dossier.

Le Procès et la lourde peine

En février 2023, le procès s'est tenu devant la cour d'assises de Seine-Saint-Denis. Face à la pression médiatique due à la notoriété de la mère de l'accusé, le procès a cristallisé les débats autour de la responsabilité des plateformes numériques et de la violence verbale transformée en violence physique.

Bien que l'avocat général ait requis une peine de 25 ans, et bien que l'absence de préméditation ait été retenue par la cour, Keneff Leauva a été condamné le 10 février 2023 à 19 ans de réclusion criminelle.

Cette peine, extrêmement lourde au vu du contexte de harcèlement et de la provocation au domicile, est aujourd'hui au cœur de notre appel à la réévaluation du dossier. La justice doit condamner les actes, mais elle se doit aussi de peser toutes les circonstances qui les ont provoqués.